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21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 14:01

 

 

Après mon dernier billet sur le sombre avenir de la zone euro, il sera question aujourd'hui de la dette publique. En effet, à peine l'INSEE a-t-elle évoqué un taux d'endettement public de 100 % du PIB en France, que déjà le sujet refaisait son entrée dans les radars médiatiques...

 

Qu'est-ce que la dette publique ?

 

Dans ce genre de débat technique, qui glisse très vite dans le domaine politique, il vaut mieux poser clairement les termes. La dette publique correspond à l’ensemble des emprunts publics, c’est-à-dire contractés par des administrations publiques : l'État, la Sécurité sociale, les organismes divers d’administration centrale (ODAC) et les collectivités locales.

 

Comme pour le déficit public, la dette publique est souvent présentée par commodité en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), ce que l’on appelle le ratio d’endettement public ou taux d’endettement public. Pour la France, ce ratio d’endettement public avoisinait les 100 % du PIB en 2019, pour une moyenne de 86,4 % dans la zone euro, alors que le pacte de stabilité et de croissance (PSC) européen en fixe la limite à 60 % :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Ainsi, à la fin du 2e trimestre 2019 (derniers chiffres connus), le ratio de la dette publique par rapport au PIB s'est établi à 86,4 % dans la zone euro et 80,5 % dans l'UE prise dans sa globalité. Les ratios les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (180,2 %), en Italie (138,0 %) et au Portugal (121,2 %) ; les plus faibles en Estonie (9,3 %), au Luxembourg (20,3 %) et en Bulgarie (20,4 %).

 

Comment évolue la dette publique ?

 

Commençons par un graphique :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Selon Eurostat, par rapport au deuxième trimestre  2018, 8 pays ont enregistré une  hausse  de  leur ratio d'endettement public par rapport à la fin du deuxième trimestre 2019 et 20 pays  une diminution. Les hausses les plus fortes ont été observées à Chypre (+6,4 points), en Grèce (+2,7 points) et en Italie (+2,0 %), tandis que les baisses les plus marquées ont été observées en Hongrie et en Slovénie (-5,2 points chacun), en Autriche (-4,7 points) et au Portugal (-4,5 points).

 

Si l'on regarde de plus près quatre grands pays européens, on constate une baisse du taux d'endettement public en Allemagne mais une hausse en Italie, ce qui confirme les grandes difficultés économiques (et sociales et politique et...) de la péninsule :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Fondamentalement, la dynamique de la dette publique dépend de son niveau et du différentiel (taux d'intérêt réel - taux de croissance). Et c'est peu dire que les dernières années, les États ont pu profiter de la politique ultra-expansionniste menée par la BCE :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Celle-ci s'est traduite par une baisse des taux d'intérêt à long terme sur la dette publique et en tout état de cause une croissance (même très faible) supérieure aux taux d'intérêt, rendant supportable même des niveaux d'endettements publics très élevés comme en Italie. Or, l'assouplissement quantitatif mené par la BCE a vocation à s'arrêter un jour (enfin, on peut l'espérer au vu de ses effets pervers), d'autant que cette politique monétaire n'a guère brillé par son succès en matière d'investissement et de hausse des anticipations d'inflation. C'est à ce moment qu'il faudra redouter une nouvelle crise de la dette publique au sein de la zone euro...

 

Comment peut-on réduire la dette publique ?

 

Bien que la dette publique européenne soit sortie des écrans radars du FMI ces dernières années - sauf pour l'Italie -, l'annonce d'un ratio d'endettement public supérieur à 100 % du PIB pour la France a provoqué, à tort, des commentaires à foison sur la santé financière de notre pays. Or, outre que ce chiffre n'est qu'une estimation trimestrielle, il ne tient pas compte des actifs des administrations publiques et résulte surtout d’éléments techniques liés aux émissions et aux amortissements des titres de la dette publique. Bref, pas d'inquiétude particulière, d'autant que la dette publique française s’arrache à des taux extrêmement bas - voire négatifs  ! - sur les marchés financiers.

 

Quoi qu'il en soit, certains lecteurs m'ont demandé de rappeler brièvement comment un État peut réduire sa dette publique. Or, contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le stock de dette publique que les États cherchent à baisser pour éviter un debt overhang (faible croissance résultant d'un endettement public trop élevé), mais le taux d'endettement public, c'est-à-dire le stock de dette publique rapporté au PIB.

 

3 solutions principales possibles :

 

 * annuler la dette publique. Dans le jargon, on préfère parler de défaut sur la dette publique, certainement parce que cela rassure un peu. Toujours est-il que c'est la méthode non coopérative par excellence, mais qui est aussi la plus usitée dans l'histoire.

 

 * faire en sorte que les taux d’intérêt à long terme soient inférieurs à la croissance nominale. En effet, dans ce cas, l’écart entre croissance et taux d’intérêt réduit le taux d’endettement chaque année, et le pays peut donc se désendetter à moindres frais.

 

 * monétiser la dette publique. Cela consiste, comme je l'avais expliqué dans ce billet, pour la Banque centrale à créer de la monnaie pour ensuite acheter les titres de dette publique. 

 

Avec cette dernière méthode, qui est d'ailleurs celle en vigueur au sein de la zone euro, le danger est grand que les gouvernements ne prennent pas ce mécanisme pour ce qu'il est, à savoir un répit pour engager les réformes nécessaires à la soutenabilité de leur dette publique. Les économistes parlent alors d'un risque d'aléa moral, pour décrire cette situation où les gouvernements pourraient être incités à mener des politiques budgétaires très expansionnistes (hausse des dépenses publiques ou baisses des impôts), puisqu'ils savent que la Banque centrale monétisera les dettes publiques. 

 

D'où les cris d'orfraie des dirigeants politiques allemands, qui voient dans le Quantitative Easing une monétisation déguisée des dettes publiques de la zone euro. Le pire est qu'ils ont raison... Il suffit pour s'en convaincre de comprendre les coulisses de fonctionnement du quantitative easing. Tout d'abord, les Banques centrales des pays de la zone euro achètent des titres de dettes publiques en créant de la monnaie et touchent donc les intérêts sur ces titres. Or, les Banques Centrales des pays de la zone euro reversent leurs profits aux États, ce qui dans le cas présent signifie simplement que les paiements d’intérêts sur la dette publique faits par l’État à la Banque Centrale sont en fin de compte rendus par la Banques Centrale à l’État !

 

Dette publique et surtout dette privée !

 

Mais pendant que certains commentateurs patentés s'échinent à disserter sur la dette publique, on oublie allégrement que l'endettement privé atteint lui aussi des sommets partout dans le monde, ne serait-ce qu'en raison des taux d'intérêt bas :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Il serait donc sage de se demander en premier lieu comment les entreprises et les ménages gavés à la dette à bas taux vont réussir à demeurer solvables dans un environnement où la demande globale se déprime tout comme la croissance... Faut-il du reste rappeler que la crise de 2007 résultait avant tout d'un compartiment financier lié à des prêts privés, les célèbres subprimes ?

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article de The Conversation.

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