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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 11:35

Front.jpg 

Les nouvelles du front économique, essentiellement en France, témoignent d'une incompréhension profonde des phénomènes économiques par nos dirigeants politiques et les médias. En effet, les commentateurs n'en finissent pas de se réjouir de chiffres effrayants et négligent d'évoquer ceux qui font objectivement peur aux économistes...

 

 * Selon l'INSEE, le taux de chômage s'élève à 9,8 % de la population active, en recul de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2013. Il n'en fallait pas plus pour que le gouvernement affirme avoir inversé la courbe du chômage !

 

Chomage-INSEE-2014.png

 

[ Source : INSEE ]

 

Pourtant, le nombre des inscrits à Pôle emploi continue d'augmenter :

 

demandeurs-emplois.jpg

[ Source : 20 minutes ]

 

La différence tient bien entendu d'abord à deux manières différentes de mesurer le chômage :

 

Comparaison-chomage.png

[ Source : Alternatives Économiques ]

 

Ceux qui suivent mon blog se souviennent certainement de mon billet consacré au bug sur les chiffres du chômage. J'y expliquais que l'inversion de la courbe du chômage était possible, mais pour des raisons qui n'augurent rien de bon. En particulier, de nombreux chômeurs se découragent d'un marché du travail bloqué et d'un service public à l'emploi qui n'a rien à leur proposer de concret. Et c'est malheureusement ce que l'on constate, puisque le taux d'activité a baissé au 4e trimestre 2013. Moins de chômeurs mais aussi moins d'actifs pour financer les retraites, est-ce vraiment une bonne nouvelle ?  

 

 * en France, les gouvernements successifs ont longtemps vanté les mérites de la concurrence, conformément à ce que l'on apprend à l'ENA, avant de considérer depuis peu que dans le secteur des télécommunications un oligopole était la panacée. Je fais bien entendu référence au duel qui oppose Bouygues à Numericable pour le rachat de SFR, et dans lequel Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, a exprimé ouvertement sa préférence pour moins de concurrence dans un entretien accordé au Parisien : "la concurrence par la destruction s'arrêtera si nous revenons à trois opérateurs mobiles".

 

Telecoms-France.jpg

[ Source : La République des Pyrénées ]

 

Le géant du bétonnage vient d'ailleurs de prendre une l'avantage en annonçant qu'en cas de victoire il céderait cédera son infrastructure de réseau à Free pour 1,8 milliard d'euros, afin de ne pas passer sous les fourches caudines de l'Autorité de la concurrence qui s'inquiétait à juste titre de la position dominante que prendrait le nouvel ensemble constitué de Bouygues Telecom et SFR. Et le consommateur dans tout ça ?

 

 * Toujours en France, le décret qui autorise les magasins de bricolage à ouvrir le dimanche vient d'être publié au Journal officiel. Il faut rappeler que la précédente mouture du texte avait été suspendue en référé par le Conseil d'état, en raison notamment de l'atteinte au principe d'un repos hebdomadaire et pour des questions de forme. 

 

Travail-dimanche.jpg

[ Source : Var Matin ]

 

Pour résumer ce que j'ai déjà pu en dire, je dirais que l'argument principal avancé par ceux qui souhaitent cette ouverture le dimanche est que cela débouchera sur des embauches supplémentaires. Or, par-delà les questions (pourtant fondamentales) de qualité de vie des travailleurs et de liberté d'entreprendre, il faut se demander si les achats effectués le dimanche vont s'ajouter à ceux de la semaine ou s'ils s'y substitueront.

 

Dans ce dernier cas, malheureusement fort probable lorsque le pouvoir d'achat des consommateurs est contraint, il n'y aura aucun gain sur l'activité et l'emploi. Au contraire, cela augmenterait les coûts au travers des primes de travail, qui se répercuteraient sur les prix de vente, et constitueraient alors éventuellement une aubaine pour les travailleurs déjà en place mais pas pour les autres et surtout pas les consommateurs !

 

 * en Ukraine, la situation politique est toujours aussi confuse et tendue. Sur le plan économique, comme je l'expliquais dans ce billet, l'Ukraine fait face à des déficits jumeaux (budgétaire et extérieur) qui se creusent de plus en plus sous les effets conjugués notamment de l’effondrement de la production industrielle, d'une grande corruption, d'une dépendance énorme au gaz russe, de la chute brutale des réserves et d'une croissance en berne.

 

Ukraine-Russie.jpg

[ Source : Le Parisien ]

 

Face à une situation économique catastrophique et une dépendance si importante à la Russie, que pèse alors le plan d'aide de 11 milliards d'euros octroyé par l'UE, d'autant que l'on estime bon an mal an à 20 milliards de dollars le besoin de capitaux de l'Ukraine (mais 35 milliards d'euros immédiatement pour éviter le défaut...) ? Et attendons de voir les contreparties exigées...

 

 * Pendant ce temps, le risque déflationniste se précise et la BCE semble bien en peine d'y faire face, comme le démontre sa décision de laisser inchangés ses principaux taux directeurs.

 

CPI-zone-euro.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

Pourtant, comme je l'avais expliqué dans ce billet, la déflation est un grand danger puisque sous couvert de n'être dans l'opinion publique qu'une simple baisse des prix, elle conduit en fait à un alourdissement de l'endettement réel, qui mène à l'augmentation des défauts d'emprunteurs et à des faillites bancaires.

 

Cependant, à ce stade, il est fort probable que pour augmenter les anticipations inflationnistes il ne restera donc plus à la BCE que des politiques monétaires non conventionnelles (quantitative easing, taux directeurs négatifs, etc.), mais là elle risque fort de se heurter frontalement au mur du refus allemand...

 

En définitive, les dernières nouvelles du front économique sont loin d'être bonnes, mais certains font comme si elles l'étaient ! On appelle cela se bercer d'illusions...

 

N.B : l'image de ce billet représente un tableau d'Antoine-Jean Gros exposé au Louvre, Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau, le 9 février 1807.

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commentaires

salix 11/03/2014 18:01

Avez-vous encore l'espoir de voir de votre vivant le taux de la dette française baisser par rapport à son PIB ?

Alors que le poids de l'état français dans son économie est tout simplement gargantuesque.

Pouvez-vous nous donner les motifs d'un tel poids ?

Raphaël DIDIER 12/03/2014 12:06



Au vu de la faible croissance potentielle de la France et d'une inflation quasi nulle, je ne pense pas que le taux d'endettement public pourra baisser...
autrement que par défaut (sic !). En revanche, il faut se souvenir que si ce taux est si élevé un peu partout en Europe et dans le monde, c'est avant tout parce que les États sont venus au
secours de la finance. D'où l'augmentation de 80 % du montant de la dette publique en circulation sur les marchés entre 2007 et 2013, selon la BRI... Quant au "poids" de l'État français dans son
économie, c'est avant tout un choix de société.



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