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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 10:43

eurobombe.jpg

 

Au vu de la situation économique actuelle, j'ai décidé de consacrer ma prochaine conférence à la question de l'austérité en Europe. Je ne manquerai pas de rédiger un autre billet pour en donner les détails, mais d'ores et déjà vous pouvez retenir le jeudi 15 novembre à 19h (à l'UPT de Forbach) si ce thème vous intéresse...

 

Cette conférence fera suite aux nombreux billets que j'ai écrits depuis ces derniers mois sur les politiques économiques menées au sein de la zone euro, et dont voici quelques titres :

 

* zone euro, le pire est-il passé ?


* quand les investisseurs fuient le risque


* Mario Draghi a-t-il sauvé la zone euro ?


* comment soigner une crise de solvabilité d'un État ?


* la véritable nature de la crise de la zone euro


* l'aveuglement se poursuit en Europe avec le traité TSCG,

 

La création de la zone euro avait jeté un voile sur les différences économiques qui existent entre les États membres. Ainsi, jusqu'au début de la crise de 2007, les spreads de taux d'intérêt exigés sur la dette des États s'étaient fortement réduits, avant de diverger spectaculairement depuis (cliquer sur le graphique pour l'agrandir) :

 

taux-d interet


[ Source : Monde diplomatique ]

 

Ces divergences de taux ne font que traduire la crise de la balance des paiements que connaissent certains pays (Espagne, Italie, Grèce,...). Plus précisément, ces pays ont un déficit extérieur structurel (c'est-à-dire une balance courante structurellement déficitaire) qui les oblige à s'endetter sans cesse à l'étranger.

 

Or, cette dette extérieure est devenue excessive au point de rebuter les prêteurs non-résidents à continuer de prêter. Ces pays n'arrivent par conséquent plus à financer leur déficit extérieur et renouveler leur dette extérieure. Mais comme ces pays font partie de la zone euro, leurs difficultés extérieures ne se traduisent plus par des variations de taux de change... mais par des taux d'intérêts très élevés !

 

Et lorsqu'un pays n'arrive plus à financer son déficit extérieur en raison de taux d'intérêt stratosphériques, il ne lui reste plus qu'à faire appel à court terme aux prêteurs publics : FMI, troïka, FESF, MES bientôt,... ces prêteurs conditionnant leur aide à la mise en place d'une dévaluation interne. Mais de quoi s'agit-il ?

 

Qu'appelle-t-on dévaluation interne ?

 

On appelle dévaluation interne, ou ajustement nominal, une baisse de coûts salariaux et des prix dans le but d'améliorer la compétitivité d'un pays. Selon la théorie, comme les prix et les salaires baissent parallèlement, les salaires réels ne varient pas et la compétitivité s'améliore à l'export.

 

Dit dans le jargon économique, une dévaluation interne est une baisse de l’ensemble des variables nominales (salaires, coûts salariaux unitaires, prix) équivalente à une dépréciation réelle. Ces politiques sont utilisées lorsqu'un pays ne peut plus dévaluer sa monnaie, ce qui est le cas au sein de la zone euro par définition.

 

Ces politiques de dévaluation interne ont-elles un effet positif ?

 

Malheureusement, il y a loin de la coupe aux lèvres, et ces politiques de dévaluation interne s'avèrent inefficaces en raison de la rigidité des prix (des exportations et de la consommation) même lorsque les salaires (ou le coût salarial unitaire) baissent. C'est ce que l'on constate pour l'Espagne sur le graphique ci-dessous, mais la situation est la même en Italie.

 

CSU-Espagne.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Comme les prix des exportations continuent à croître, les gains de compétitivité-coût ne permettent pas d'améliorer le commerce extérieur du pays. Pire, la diminution des salaires pratiquée en parallèle conduit nécessairement à la baisse des salaires réels, puisque les prix à la consommation sont également rigides à la baisse :

 

Salaire-reel-espagne.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Au final, le commerce extérieur ne s'améliore pas ou peu, mais la demande des ménages s'effondre avec la baisse des salaires réels. Cela débouche alors sur une compression de l'activité et donc sur une hausse du chômage.

 

Bref, les politiques de dévaluation interne sont certainement le meilleur moyen de plonger la zone euro dans une grande dépression ! 

 

 

N.B : l'image de ce billet provient de ce numéro du magazine allemand Spiegel


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commentaires

Jean-Michel 14/11/2012 09:03

Celà fait 30 ans au moins qu'on baisse par diverses mesures les charges des entreprises et celà fait 30 ans que notre compétitivité à l'étranger diminue, d'où une question simple (que pourtant
personne en politique ou dans le monde patronal ne se pose): est-ce pertinent?

Pourquoi une Golf se vend mieux qu'une Clio ou une 208 en étant 5 à 7% plus chère sur la plupart des marchés étrangers? Pourquoi une Laguna ou une 607 ne trouve pas preneur même vendue presque
moitié prix d'une Audi, Mercedes ou BMW?

Comme vous l'expliquez parce-que les coûts sont trop élevés en regard de la qualité et du niveau de gamme. On peut donc encore beaucoup baisser les salaires et les charges sans grand résultat!

En contrepartie Toyota à Valenciennes ne connaît pas ces problèmes. Bizarre, non?

Et compte tenu de l'investissement étranger en France, il semble que les charges et les salaires ne soient trop élevés que pour les patrons français!? Les autres s'en accommodent bien semble
t-il...

De plus on "saucissonne" les problèmes de notre économie et on n'appréhende pas les problèmes dans leur ensemble: les charges sont élevées mais la protection sociale aussi. Si on baisse les charges
il faudra baisser la protection sociale ou le pouvoir d'achat pour financer la différence (mutuelles, etc...).
Un ouvrier chez Volkswagen gagne en moyenne 3000€ nets mais doit amputer cette somme d'une part plus importante que le Français pour le même niveau de protection (santé, retraite,...)
Nos chefs d'entreprise sont-ils prêts à échanger la baisse des charges pour une augmentation des salaires de ce niveau?
J'en doute...

Nos loyers sont parmi les plus élevés des pays comparables. Des amis de mon fils ont fait des stages en Allemagne, ont trouvé à se loger à Berlin (et pas au fond d'une banlieue) dans des studios à
350/400€ par mois dans de l'immobilier "normal". Qui peut faire la même chose à Paris? Un smicard seul ne peut pas y trouver un logement autre que très vétuste ou carrément insalubre, et encore,
quand il trouve et qu'on veut bien lui louer!

L'argument compétitivité prend enfin un tour pernicieux: on nous dit les Grecs, Italiens, les Espagnols, les Portugais, etc.. s'y sont mis, il faut s'y mettre aussi pour ne pas être dépassés.
Mais tous ces pays ont un commerce majoritairement intra-européen, sont nos concurrents directs et ont engagé ces actions car au bord du gouffre. Si nous faisons pareil et les autres pays avec nous
(allemagne, royaume-uni, etc..) nous maintenons l'écart de compétitivité, les pays concernés ne s'en sortent pas mieux et nous non plus.

Jusqu'à quand poursuivre dans ce genre de spirale idiote qui tire tout le monde vers le bas et la récession?

Désolé d'avoir été un peu long, mais je trouve fatigant à la longue toutes ces théories plus dogmatiques qu'autre chose dont on nous abreuve dans x rapports et y commentaires d'amateurs qui se
contentent de véhiculer les idéologies à la mode sans prendre de recul ni se poser de questions.
Merci à vous et quelques autres de rectifier régulièrement les choses et remettre les choses en perspective!

Raphaël DIDIER 14/11/2012 11:16



Votre analyse est très juste et pertinente, merci de votre commentaire ! C'est précisément parce que les théories avancées par certains me désolent
(néolibéralisme quand tu nous tiens...) que je me sens obligé d'écrire si souvent sur ce sujet...



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