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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 10:09

Croissance.jpg

 

Selon l'INSEE, au premier trimestre 2014, le PIB en volume n'a pas augmenté alors qu'il avait progressé de 0,2 % au quatrième trimestre 2013. De plus, selon certaines indiscrétions, la croissance au deuxième trimestre sera également en berne en raison d'une baisse du moral des ménages et des entreprises depuis quelques mois : en effet, les uns anticipent un chômage de masse tandis que les autres ne prévoient pas de hausse de la demande, bref aucun acteur économique privé n'anticipe une reprise de l'économie...

 

Tout cela éloignera par conséquent encore un peu plus l'horizon du 1 % de croissance annuelle poursuivi par le gouvernement. Voilà certainement pourquoi, malgré son optimisme au mois de mai, le président de la République a admis lors d'une conférence de presse le 21 juillet dernier qu'il n'était « pas impossible que la croissance puisse encore s'affaiblir ». Et ce d'autant plus que la Chancelière allemande est restée sourde aux suppliques de François Hollande qui lui réclamait "un soutien plus ferme à la croissance" en Europe, bien que l'OCDE ait noté une "inflexion négative" de la croissance en Allemagne.

 

Or, cela aurait des conséquences tant sur le plan interne que sur les engagements de la France à réduire le déficit public en-dessous de la barre des 3 % du PIB. Il est donc important de comprendre comment se calcule le PIB et quelles sont ses composantes. Ce billet est certes un peu plus théorique que d'habitude, mais il permettra à certains de mes étudiants de réviser quelques concepts lointains... et à mes autres lecteurs de se familiariser avec la modélisation macroéconomique de base.

 

Qu'est-ce que la croissance ?

 

Dans L’économie du XXe siècle (1961), l’économiste français François Perroux a proposé la définition suivante de la croissance : "augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, chacune de ces périodes comprenant plusieurs cycles quasi décennaux, d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels". L'indicateur retenu est en général le PIB en volume.

 

La croissance potentielle, quant à elle, peut être définie comme celle réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main d'oeuvre disponibles.

 

Quels sont les composantes de la croissance ?

 

Par définition, le PIB est égal à la somme des emplois de produits finals :

 

 * la consommation (C) ==> il s'agit de la consommation finale des ménages

 

 * l'investissement privé (I) ==> réalisé par les ménages et les entreprises, il inclut essentiellement l'investissement en capital fixe (immeubles, machines). On fait généralement la distinction entre l'investissement de remplacement qui sert à renouveler les machines par exemple, et l'investissement net qui sert à augmenter les capacités de production. 

 

 * les dépenses des administrations publiques (G) ==> il peut s'agir de consommation publique (matériel en tous genres) ou d'investissement public (infrastructures,...)

 

 * l'accroissement des stocks de biens et services (∆S) 

 

 * les exportations (X) - les importations (M) ==> c'est précisément le solde de la balance commerciale.

 

On obtient donc l'identité macroéconomique suivante :  

 

PIB = C + I + G + ∆S + X - M

 

Comment évoluent le PIB et ses composantes ?

 

En s'appuyant sur l'identité comptable que nous venons de décrire, l'INSEE étudie l'évolution du PIB et de ses composantes chaque trimestre :

 

PIB-et-composantes.png

 

[ Source : INSEE ]

 

On y voit qu'au 1er trimestre 2014 la consommation et l'investissement se replient, ce qui est une très mauvaise nouvelle puisque comme le montre le graphique les dépenses de consommation des ménages ont toujours été un pilier de la croissance du PIB.

 

L'évolution du PIB par habitant

 

Le PIB divisé par le nombre d'habitants au sein d'un pays est souvent utilisé comme indicateur - très fruste ! - du niveau de vie moyen par habitant. Afin d'identifier les raisons qui expliquent les différences de cet indicateur d'un pays à l'autre, on décompose le PIB par habitant (au centre noté PIB/hab) comme le produit des 4 autres rapports :

 

PIB-par-habitant.jpg 

Hab est la population totale en milliers d'habitants, H le nombre d'heures travaillées par la population active pendant un an, L le nombre d'emplois et A la population en âge de travailler.

 

Ainsi, on a décomposé le PIB par habitant comme le produit de 4 rapports qui sont :

 

 * PIB/H ==> c'est un indicateur de productivité horaire du travail. 

 

 * H/L ==> il s'agit du nombre d'heures travaillées par an et par travailleur en moyenne.

 

 * L/A ==> ce rapport correspond au taux d'emploi, c'est-à-dire au nombre de personnes ayant un emploi dans la population en âge de travailler.

 

 * A/hab ==> c'est un indicateur démographique qui reflète la population en âge de travailler dans la population totale.

 

A parti de cette décomposition, il devient facile de comprendre que les différences de PIB par habitant selon les pays vont s'expliquer en premier lieu par des différences de taux d'emploi et de taux de chômage. D'où l'importance fondamentale de la démographie en économie, qui explique pourquoi j'ai beaucoup insisté dans mes billets sur le problème de vieillissement de la population que connaît l'Allemagne et le Japon par exemple.

 

 

N.B : l'image de ce billet provient du site suivant : http://www.cesi-entreprises.fr

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commentaires

Jean-Michel 13/08/2014 09:12

Tout le modèle de pensée économique de nos politiciens repose sur une croissance minimale autour de 2% par an en France.

Sauf erreur de ma part (je n'ai pas vérifié en détail), il me semble que la croissance annuelle en France n'a que très marginalement dépassé les 2%/an au cours des 35 dernières années.

Ne serait-il pas temps d'imaginer un modèle économique tenant compte d'une croissance durablement inférieure à ce volume devenu mythique de 2%/an?

Raphaël DIDIER 13/08/2014 11:08



Bonjour,


Vous avez d'autant plus raison que de nombreux économistes s'attendent désormais à une "grande stagnation", comme l'affirmait Larry Summers :
http://www.regards.fr/web/Adieu-a-la-croissance,7390



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