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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 16:25

 

 

Après avoir parlé gros sous avec le plan de destruction d'aide à la Grèce, de pertes phénoménales dans un billet sur le krach boursier en Chine, de capitalisme pour enfants, j'en viens tout naturellement aujourd'hui à évoquer la valeur refuge : l'or ! En effet, assez curieusement, le cours de l'or a atteint son plus bas niveau depuis mars 2010, ce qui ne manque pas de soulever de nombreuses questions...

 

Évolution du prix de l'or

 

Tout d'abord, rappelons que l'or est coté à Londres sur le London bullion market. Mais il est également coté à New York sur le Nymex, mais dans ce cas ce sont des échanges sous forme de contrats à terme, que l'on appelle or-papier dans le jargon.

 

Sur les deux marchés la cotation se fait en dollars par once d'or, une once correspondant à environ 31 grammes d'or. Bien entendu, le particulier acheteur d'or se rabat le plus souvent sur les pièces ou les lingots d'or, dont le prix n'est pas coté en continu sur un marché, mais dépend du poids et de son titre en or.

 

Voici l'évolution sur 15 ans du cours de l'or sur le marché de Londres, en dollars américains :

 

 

[ Source : LMBA ]

 

Voici l'évolution sur 5 ans du cours de l'or sur le Nymex, en dollars américains :

 

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

Ainsi, après avoir connu une hausse phénoménale de son cours entre 2000 et 2012, l'once d'or a subi un contrechoc en 2013, qui lui a fait perdre 25 % en quelques mois. Depuis, c'est 40 % de baisse qu'accuse le cours de l'or depuis ses sommets de 2011/2012 ! Et contrairement aux anticipations, le cours semble reprendre sa baisse depuis quelques mois et s'approche désormais des 1 000 dollars/once.

 

Les déterminants fondamentaux du prix de l'or

 

Certes, l'or est une matière première, mais comme le disait Keynes c'est aussi "une relique barbare" lorsqu'il est utilisé dans le cadre de l’étalon or, c'est-à-dire lorsque la richesse d'un pays se mesure à ses réserves en métal précieux... Dès lors, si l'once d'or est cotée, c'est qu'il y a une demande et une offre dont nous allons brièvement examiner la nature et les déterminants.

 

La demande d'or provient de :

 

 * la joaillerie, qui représenterait 50 % de la demande mondiale en or (cette demande diminue lorsque les prix montent) ;

 

 * l'investissement en lingots et pièces d'or, qui représenteraient 40 % de la demande mondiale (c'est en partie la demande en valeur refuge, qui a priori augmente lorsque l'économie est secouée par des crises ou de l'inflation galopante) ;

 

 * l'industrie électronique, qui représenterait les 10 % restants (cette demande est plus inélastique au prix et suit plutôt la croissance de la production).

 

Notons que l'Inde et la Chine ont une véritable boulimie d'or, les bijoux en or étant vus par certains comme le nirvana du raffinement en joaillerie, tandis que pour d'autres l'or reste un produit d'épargne sans égal. A tel point que l'Inde a dû mettre en place, entre 2013 et 2014, des restrictions sur l'importation d'or, pour limiter son déficit commercial qui ne cessait de se creuser en particulier durant la période des mariages en été !

 

 

[ Source : http://www.financialexpress.com ]

 

L'offre d'or provient pour 1/3 de la réutilisation de l'or existant et pour 2/3 de l'extraction minière, dont les principaux producteurs sont, à peu près dans l'ordre d'une anéne sur l'autre, la Chine, l'Australie, les États-Unis, la Russie, le Canada, le Pérou et l'Afrique du Sud (qui historiquement disposait d'un quasi-monopole après la seconde guerre mondiale). Bref, il n'y a jamais eu autant d'or en circulation et l'on estime l'offre totale dans le monde à environ 170 000 tonnes.

 

 

[ Source : http://www.perthmintbullion.com ]

 

L'or, valeur refuge ?

 

Au vu de ce que nous avons développé ci-dessus, on peut en déduire que c'est principalement la demande en or pour des motifs d'investissement - des particuliers mais aussi des Banques centrales qui détiennent environ 20 % des stocks à elles-seules en réserves de change ou garanties - qui explique l'évolution du cours de l'or.

 

Pendant longtemps, l'anticipation populaire était que le prix de l'or augmente lorsque le dollar s'affaiblit et/ou l'inflation augmente. Dans le premier cas, l'or sert de couverture contre le recul du billet vert, dans le deuxième de couverture contre la perte de pouvoir d'achat de la monnaie. D'ailleurs, certains financiers présentent l'or comme une obligation à très long terme protégée de l’inflation... Ainsi, à mesure que l'économie américaine est perçue comme allant mieux, les cours de l'or devraient baisser, ce qui n'est pas sans poser problèmes aux producteurs comme le canadien Barrick Gold.

 

Mais si l'or était vraiment une valeur refuge, on ne comprend pas très bien le retournement de 2013, puisque la zone euro et le Japon s'engouffraient de plus en plus dans la crise (au fait, qui peut croire que les États-Unis vont mieux lorsqu'on regarde vraiment les chiffres de l'emploi ?). De plus, le lien sur long terme avec l'inflation n'est pas très net, non plus que celui avec les taux d'intérêt. En revanche, il semblerait que les taux de change aient une vague corrélation avec le cours de l'or, même si franchement tout cela ne me paraît pas à vrai dire très solide.

 

Et si tout simplement l'or comme valeur refuge n'existait plus, parce que les investisseurs ont compris les difficultés que présentait ce marché, qui est loin d'être exempt de bulles et de crises ? Quant aux particuliers, s'ils peuvent avoir plaisir à détenir de l'or pour se rassurer, il faudra bien qu'ils comprennent que l'ère de la monnaie métallique est définitivement révolue et que nous sommes désormais sous le règne absolu de la monnaie scripturale !

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