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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 12:10

 

 

Après un billet sur la loi portée par le ministre El Khomri et un autre consacré à la panique sur les marchés financiers, j'ai décidé d'en revenir au financement des entreprises. On a, en effet, beaucoup évoqué dans les médias les problèmes de financement des entreprises, à tel point qu'en France un médiateur du crédit avait été créé juste après le déclenchement de la crise. Or, actuellement dans la zone euro, ainsi que dans de nombreux pays de l'OCDE, on assiste plutôt à une augmentation très prononcée de l'autofinancement qui, contrairement à une idée reçue, est loin d'être une bonne nouvelle...

 

L'autofinancement

 

Dans le cas le plus courant, l’épargne brute des sociétés non financières - c’est-à-dire les bénéfices non distribués et les amortissements - n’est pas suffisante pour financer les investissements. L’entreprise aura donc un besoin de financement, qu’elle couvrira par un financement externe auprès d’une banque ou des marchés financiers.

 

Mais lorsque cette épargne brute est supérieure aux investissements qu'elle souhaite réaliser, on dit que l’entreprise a une capacité d’autofinancement. Cela revient à dire que l'entreprise peut financer par elle-même ses investissements.

 

L'évolution au sein de la zone euro

 

Le graphique ci-dessous nous montre que la part des investissements autofinancés a augmenté, au point d'en arriver à une situation où le taux d'autofinancement avoisine (et dépasse même dans certaines régions de l'OCDE) les 100 %, ce qui signifie que les investissements sont totalement autofinancés dans la plupart des régions de l'OCDE !

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Cela s'explique bien entendu d'abord par la pénurie de financement externe qui a fait suite à la crise de 2008. Mais on ne peut pas non plus exclure des choix de gouvernance stratégique, c'est-à-dire la volonté des entreprises de ne pas diluer leurs actionnaires lors d'une augmentation de capital ; d'où, le faible recours au marché des actions. Au reste, faut-il rappeler que l'endettement bancaire aux États-Unis sert plus à racheter des actions pour en faire monter le cours, qu'à financer les investissements ?

 

Les conséquences d'un autofinancement généralisé

 

Bien entendu, si les entreprises souhaitent autofinancer leurs investissements, elles doivent dégager une rentabilité élevée. Et pour ce faire, elles auront tendance à titrer la couverture à elles lors du partage de la valeur ajoutée, c'est-à-dire que les entreprises vont chercher à limiter les progressions salariales réelles. Cela s'observe déjà depuis un certain temps aux États-Unis, au Japon et même dans la zone euro prise dans sa globalité.

 

Or, le freinage des salaires réels limite la demande des ménages, qui ne peuvent dès lors continuer à consommer et investir qu'en usant du crédit, au risque de conduire à un surendettement important. Et avec le resserrement des conditions de crédit observé ces dernières années, on ne voit pas bien comment la demande pourrait se maintenir dans la plupart des pays... Dans ce cas, pour éviter la récession, les États seraient dans l'obligation d'intervenir au moyen de leur budget, en augmentant le déficit public et donc partiellement la dette, au moment où la Commission européenne ne cesse de réclamer un retour à l'équilibre !

 

En outre, si à terme les banques ne financent plus l'essentiel des besoins de financements des entreprises européennes, comme ce fut le cas jusqu'à présent, alors celles-ci chercheront d'autres débouchés, qui peuvent être bien plus risqués et surtout moins profitables à la croissance du pays. Quant aux marchés financiers, même les plus grandes entreprises - dont les start-up géantes - hésitent à s'y introduire au vu des contraintes folles exigées par les investisseurs.

 

En définitive, le passage à un modèle d'autofinancement total des investissements par les entreprises serait une très mauvaise nouvelle pour les salariés (freinage des salaires réels) et pour l'économie dans son ensemble (baisse de la croissance potentielle). Alors pourquoi ne pas en faire une nouvelle loi portée par le ministre de l'économie (ou du travail), puisqu'il semble que ces derniers temps les textes législatifs servent surtout à défaire le salariat ?

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