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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 10:56

 

 

Bien que je m'intéresse évidemment beaucoup à l'avenir politique de notre pays, comme tout à chacun j'imagine, je ne fais que de rares incursions en territoire purement politique sur mon blog. Une exception avait été faite lors des premiers attentats en France et récemment sur l'émoi de cette campagne électorale vue au travers des yeux d'un voyageur venu d'une contrée lointaine (articles qui avaient été au demeurant beaucoup lus...).

 

Aujourd'hui, je fais une nouvelle exception suite à la suppression par LCI du replay de l'émission La Médiasphère, jugée un tantinet trop critique envers la communication politique de Macron et Le Pen. Heureusement Internet a sauvé ce moment d'anthologie :

Il m'a donc semblé nécessaire de vous parler brièvement de la communication politique, qui transforme trop souvent les candidats (et ensuite les élus) en machine à réciter au mieux des discours surgelés au pire des éléments de langage dépourvus de profondeur intellectuelle. Comme l'affirme avec pertinence Dominique Wolton dans un article de son blog, "à la limite, la communication politique désigne toute communication qui a pour objet la politique !... Cette définition, trop extensive, a cependant l’avantage de prendre en compte les deux grandes caractéristiques de la politique contemporaine : l’élargissement de la sphère politique et la place croissante accordée à la communication, avec le poids des médias et de l’opinion publique à travers des sondages".

 

La communication politique à outrance, de par sa simplification des problèmes qui confine désormais à la caricature et permet de parler de tout sans rien en connaître, fait glisser notre démocratie - si tant est qu'elle existe encore malgré les apparences - vers une doxocratie comme l'appelle Jacques Julliard, c'est-à-dire un régime politique où l’opinion influence directement les décisions du pouvoir. Ainsi pour chaque problème politique, plutôt que de gouverner, ce qui suppose de prendre des décisions mûrement réfléchies suivant le principe de la délégation de souveraineté, les gouvernants préfèrent sonder l'opinion publique dont ils se persuadent à tort qu'elle représente le phare d'une nation.

 

Ce faisant, ils privilégient explicitement l'instantanéité à la réflexion, les passions à la raison, la superficialité à la profondeur, le préjugé au raisonnement, la joute oratoire stérile au débat politique fécond... En effet, l'opinion publique n'est souvent rien d'autre que la somme des idées dominantes et des préjugés du moment, ce qui on en conviendra fait d'elle une très mauvaise boussole pour prendre des décisions engageant l'État à long terme. De plus, comme nombre de politiques imaginent que les sondages demeurent le principal moyen d'appréhender l'opinion publique, ils instituent malgré eux (du moins on l'espère...) le règne des médias et des sondeurs, bref du populisme !

 

Et là une précision s'impose : le populisme n'est pas seulement l'idéologie qui se réfère systématiquement au peuple pour l'opposer aux élites - encore que lorsqu'on voit la trahison des élites le populisme peut devenir une nécessité -, c'est également ces courants dits de synthèse qui souhaitent faire table rase des prétendus archaïsmes de la société au profit des puissants à moins que ce ne soit pour leur plus grand profit. Chantal Delsol, caractérisait plus précisément le populisme par la défense d'un enracinement dans la famille ou la patrie, en réponse à une mondialisation ou plus généralement une ouverture de la société trop approfondie. Bref, le populisme n'est pas toujours ce que l'on imagine, mais il est beaucoup plus utile pour certains de n'en retenir qu'une définition grossière qui élimine les plus humbles et met les intérêts d'une minorité à l'abri des dangers...

 

Mais attention au retour de balancier ! Dans les Temps difficiles, ouvrage publié en 1854, Charles Dickens expliquait fort à propos que la réalité finit toujours par s'imposer par-delà les beaux discours : "économistes utilitaristes, maîtres d’école décharnés, délégués aux Faits, incroyants distingués de force credo éculés, vous aurez toujours des pauvres avec vous. Tandis qu’il en est temps encore, cultivez en eux toutes les grâces de l’imagination et du sentiment pour orner leurs vies si dénuées d’ornements, sinon, au jour de votre triomphe, lorsque le goût du merveilleux aura été à tout jamais chassé de leurs âmes, et qu’ils se retrouveront face à face avec leur existence dénudée, la Réalité se changera en loup et vous dévorera".

 

Entendons-nous bien : je suis tout à fait partisan d'une plus grande participation des citoyens à le Res Publica, c'est même indispensable pour éviter le despotisme doux de la démocratie dont parlait déjà Tocqueville au XIXe siècle, mais en même temps il n'est pas possible de gouverner avec pour seul objectif de satisfaire à tout instant l'opinion publique dont les traits principaux sont, comme nous venons de le voir, la volatilité et le préjugé. C'est même une faute politique et ceux qui tombent dans ce travers feraient bien de relire Max Weber, qui distingue les deux éthiques de l'action politique : l'éthique de conviction basée sur le principe kantien du devoir et l'éthique de responsabilité. 

 

Mais de cela la plupart des politiques s'en fichent, puisqu'il est beaucoup plus payant dans les médias d'apparaître comme intelligent que de l'être réellement. Depuis quelques années, nous sommes à l'évidence sous le règne du paraître qui étouffe l'être et la noblesse de la politique, où l'homo politicus se soucie plus de son image que de son action à la tête de l'État, où le montant du compte en banque tient lieu de marqueur de la réussite sociale et de certificat de capacité à gérer les affaires publiques... Bref, nous voilà en plein dans la postmodernité dans ce qu'elle offre de pire, avec son lot de post-vérités, d'outrances verbales et violences à peine cachées !  

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