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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 15:13

 

 

Impossible de passer à côté du mouvement des gilets jaunes, tant sa nature et son intensité sont inédites ! Soutenu par une large majorité de Français, il fait même les choux gras de la presse étrangère, qui ne manque pas de rappeler avec justesse la responsabilité d'Emmanuel Macron dans cette crise sociale... Face à ce bouillonnement, il m'a semblé utile de prendre un peu de recul dans ce billet, afin d'analyser la situation par-delà l'idéologie, la langue de bois et les formules à l'emporte-pièce.

 

La contestation de l'impôt

 

À l'origine, le mouvement des gilets jaunes est né d'un mécontentement face à la hausse des prix des carburants, qui s'est matérialisé par une pétition avoisinant le million de signataires :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Le poids des taxes dans le prix des carburants fut alors mis en accusation, d'autant que depuis 2007, les gouvernements successifs ont choisi d’augmenter davantage les taxes sur le diesel que sur l’essence, afin d’en réduire la consommation en raison de son caractère polluant :

 

 

[ Source : France Bleu ]

 

Et depuis 2014, une contribution Climat-Energie (taxe carbone) a été mise en place afin de réaliser la transition énergétique, ce qui alourdit mécaniquement la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE, ex-TIPP) perçue sur les volumes vendus. Ces hausses de taxes ont donc commencé avant Macron, qui en a certes accéléré la hausse, mais n'auront été finalement ressenties qu'à partir du moment où le prix du baril a augmenté de 50 % sur un an... Rappelons ainsi qu'à volume de taxes donné, les variations TTC des prix des carburants sont essentiellement liées à deux variables sur lesquelles l’État français n’a que peu d’emprise : le cours du baril de pétrole et le taux de change euro/dollar.

 

Mais il ne fait désormais plus aucun doute que face à la situation sociale et économique dégradée du pays, à laquelle Emmanuel Macron n'a apporté aucune réponse concrète pour les classes moyennes, le mécontentement des Français est allé crescendo et s'est en fin de compte cristallisé sur le prix des carburants.

 

Dans ce contexte, le risque est évidemment grand de voir le consentement à l'impôt s'éroder, ce qu'un récent sondage laisse entrevoir :

 

 

[ Le Monde ]

 

Ce d'autant plus que l'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) a été supprimé et remplacé par un Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), qui profite aux très très riches :

 

 

[ Source : IPP ]

 

Quand on pense que les révolutionnaires de 1789, si souvent cités par les politiques de toutes obédiences, avaient pris le soin d'inscrire dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen l'article 13 suivant : "Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés".

 

Or l'évasion fiscale (même chez les politiciens) et les cadeaux plus ou moins explicitement faits aux plus riches, ont participé de déliter ce bel idéal civique de l'impôt au profit d'un prélèvement obligatoire contrepartie d'un service public rendu. Ce glissement n'est pas que philosophique, au contraire il dénote le passage d'un État-nation à un État-entreprise, ce qui va de pair avec la transformation du citoyen-contribuable en usager-client, ce dernier se contentant de faire un stupide calcul coût-bénéfice pour sa petite personne.

 

Hélas, tous les gouvernements de ces trente dernières années ont plus ou moins œuvré à cette mutation, en accréditant l'idée fausse que les administrations publiques n'étaient au fond que des entreprises comme les autres, que les méthodes de gestion issues du privé conduiraient à la prospérité productive avec le résultat catastrophique que l'on sait : naufrage humain et médical à l'hôpital pour peu qu'il en reste un à proximité, nombreuses fermetures de classes, reste à charge de plus en plus élevé en matière de sécurité sociale, etc.

 

Comme l'affirme Alexis Spire, sociologue et directeur de recherches au CNRS, dans un interview au Monde, les Français ont l'impression de ne plus en avoir pour leur argent avec tous les services publics qui disparaissent de la carte, et que leur argent sert juste à financer les dépenses de luxe de ceux en haut, alors que le président de la République voit dans les dépenses sociales un "pognon de dingue". Le renouvellement de la porcelaine de l'Elysée aura à ce titre joué le même rôle que la brioche apocryphe de Marie Antoinette...

 

Une brève histoire des révoltes fiscales

 

Un bref retour sur 1 000 ans d’histoire française est à même de nous renseigner sur la nature, la portée et les dangers des mécontentements liés à la fiscalité. Hélas, les politiques actuels - formés à l'idéologie néolibérale - se gardent bien de jeter un œil dans le rétroviseur, puisque l'histoire constitue assurément un frein à l'expansion de la société mondialisée dont ils rêvent, où tous les individus seraient standardisés et interchangeables sur des marchés en libre concurrence. L'individu néolibéral est donc par nécessité dépourvu de mémoire et jouisseur dans le présent, ce qui revient à dire qu'il est sans avenir car condamné à reproduire les erreurs du passé...

 

Passons dès lors en revue brièvement quelques grandes révoltes fiscales de notre pays, sans aspirer à l'exhaustivité de la recension, tant s'en faut, mais qui donneront peut-être envie au lecteur d'approfondir le sujet :

 

 * la grande jacquerie de 1358, durant laquelle contrairement à une idée reçue, il n'y eut pas que de pauvres paysans en colères.

 

 

[ Source : Wikipédia ]

 

 * la révolte des Maillotins en 1382, qui voit les bourgeois de Paris s'en prendre aux agents du fisc et aux Juifs à grands coups de maillets de plomb.

 

 

[ Source : Wikipédia ]

 

 * la révolte des Tuchins en Auvergne entre 1363 et 1384.

 

 

[ Source : Wikipédia ]

 

 * l'insurrection des Croquants en 1637, qui montre le danger d'opprimer le peuple avec un poids trop élevé des taxes, d'autant qu'il devait aussi fournir des rations de blé aux troupes.

 

 

 

 * la révolte des Bonnets rouges en 1675, qui voit la foule à Rennes mettre à sac les bureaux du fisc au cri de « Vive le Roi… sans gabelle et sans édits ! »

 

 

[ Source : http://www.bdnet.com ]

 

On pourrait continuer cette énumération, mais le lecteur aura compris que l'histoire est pleine d'enseignements en matière de révoltes fiscales qui, faut-il le rappeler, ont été réprimées dans le sang...

 

Le pouvoir d'achat

 

Derrière les revendications sur les prix des carburants, c'est la question du pouvoir d'achat qui affleure, le gouvernement ayant par ailleurs poussé à la roue en communiquant ad libitum sur les 6 milliards d'euros de baisses d'impôts pour les ménages en 2019 :

 

 

[ Source : PLF 2019 ]

 

Le hic est que, ce faisant, le gouvernement s'est enferré dans un piège proche de celui dans lequel François Hollande était tombé avec la courbe du chômage. Il promet en effet un allègement de fiscalité, alors que les classes moyennes ont le sentiment que l'État leur reprend dans une poche ce qu'il leur verse dans l'autre. Il y a en effet eu l'impact négatif des mesures concernant les prestations sociales, vous savez la désindexation des pensions de retraite, des prestations familiales et des allocations logement... Une bagatelle, qui ampute le pouvoir d’achat des ménages de 2,5 milliards ! En fin de compte, les baisses de prélèvements obligatoires pour les ménages s’élèveront à 3,5 milliards 2019 :

 

 

[ Source : OFCE ]

 

Certains n'ont alors pas manqué de crier cocorico, car 3,5 milliards d'euros ce n'est tout de même pas rien ! Hélas, le diable se cache dans les détails, et les gagnants ne sont pas forcément ceux que l'on imagine :

 

 

[ Source : Le Monde ]

 

Certes, le pouvoir d'achat tel que mesuré par l'INSEE augmente en moyenne, mais cela est loin d'être le cas pour tous les ménages. Et contrairement aux partisans de l'économie dominante, qui dépeignent un consommateur  rationnel uniquement mû par des calculs coûts-bénéfices, le mouvement de protestation démontre que le ressenti compte pour beaucoup dans les choix. Mais objectivement, les dépenses contraintes dans le budget des ménages a beaucoup augmenté depuis trois décennies...

 

Les dépenses contraintes

 

Ce qui compte le plus dans la perception que les ménages ont de leur pouvoir d’achat, c’est le revenu disponible qu’il leur reste une fois payées les dépenses incontournables – on les appelle également dépenses contraintes ou pré-engagées – telles que le loyer ou les remboursements d’emprunt, les frais de cantine, les assurances, les charges telles que l’eau, le gaz, l’électricité, etc. Or, selon l’INSEE, ces dépenses contraintes ont tendance à croître, ce que les ménages ressentent très bien :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Pire, les ménages pauvres voient cette part être tellement élevée, qu'ils ne peuvent en fin de compte jamais vraiment arbitrer les dépenses de leur ménage :

 

 

[ Source : Alternatives Économiques ]

 

Dans ces conditions, le mécontentement quant au pouvoir d'achat ne pouvait que s'exprimer à un moment ou un autre. On se demande même comment il a pu être contenu aussi longtemps, puisque les classes moyennes redoutent de tomber dans la pauvreté tandis que les classes pauvres craignent la misère. Tristes perspectives...

 

Gilets jaunes face au mépris de l'élite politique

 

Dès lors, la contestation actuelle des taxes prend l'allure d'une révolte contre un État gouverné par un président perçu comme volontairement très éloigné des revendications du peuple, monarchique et même méprisant. On ne compte d'ailleurs plus les petites phrases assassines d'Emmanuel Macron et de ses ministres,qui n'ont fait qu'ajouter de l'huile sur le feu... Il est vrai que la nouvelle génération de loups politiques-managers qui est venue remplacer l'ancienne énarchie-banquière, n'est plus l'héritière d'une histoire nationale et encore moins d'une culture, mais seulement d'un compte en banque à faire fructifier au sein de la start-up France.

 

Au contraire, les nouvelles élites politiques, dont Emmanuel Macron est le chantre, ont été élevées dans une idéologie économique néolibérale où chacun est réputé maître de son destin (égalité des chances, sic !) dans un monde globalisé, qui fait de nous des mercenaires (pas uniquement économiques, mais c'est un autre sujet...) prêts à se mettre au service du plus offrant. La notion même de frontière leur semble insupportable, puisqu'elle empêcherait la libre circulation des capitaux et des talents, entendez l'évasion fiscale, d'où l'impérieuse nécessité pour eux de dissoudre les États nations dans l'Union européenne au nom de la marche vers le progrès, tout en déclarant que la culture française n'existe pas pour mieux faire de la France une simple région européenne. Autrement dit, l'élite politique s'est accrochée à la chimère d'un monde gouverné par des règles économiques universelles immuables, qui rendent inutiles la confrontation de projets de sociétés différents, et subséquemment les débats contradictoires, bien qu'ils soient depuis plus de deux millénaires l'essence même de la démocratie.

 

Pire, les campagnes politiques se succèdent et se ressemblent, en ce que seules quelques vagues questions macroéconomiques sont abordées (dette publique, balance commerciale...) et toujours sous l'angle d'une économie prétendue dépolitisée - donc scientifique ! -, à l'exclusion de toute thématique politique de fond qui obligerait à prendre de vrais engagements auprès des Français. Exit par conséquent l'échange verbal musclé et le débat animé, nécessairement perçus comme une agression insupportable dans notre société post-moderne ; place au consensus mou sur des lois politico-économiques réputées universelles, sous peine de passer pour un extrémiste.

 

Sur le fronton du temple à Delphes figurait entre autres l'inscription rien de trop, censée prévenir du péché d'arrogance et de démesure que les Grecs anciens appelaient hybris. Emmanuel Macron, dans sa démarche d'hyperprésident court-circuitant les corps intermédiaires, tombe hélas à l'évidence sous le coup de l'hybris, ce qui le conduit à prendre des décisions exacerbant les tensions avec cette "France périphérique" dont parle Christophe Guilluy. Dans un interview au Figaro, Jean-Pierre le Goff explique d'ailleurs que les gilets jaunes correspondent plus ou moins à cette France périphérique sortie des écrans radars de la politique, qui désormais se révolte contre les changements sociaux et culturels qui lui ont été imposées au nom de l'adaptation au progrès.

 

Lorsque partout en France les manifestants entonnent la Marseillaise face aux CRS, c'est bien une France oubliée par l'élite qui cherche à faire entendre sa voix face à ceux qui leur répètent : There is No Alternative (slogan favori de Margaret Thatcher). Eux ne croient plus à la théorie du ruissellement, qui consiste à soigner le pouvoir d'achat non pas des riches mais carrément les ultrariches (1%), dans l'espoir que leur enrichissement enclenchera un cercle vertueux capable d'améliorer le sort de tous les autres en dessous. Au contraire, ils plaident pour une réduction des inégalités et la possibilité de (sur)vivre en bouclant leurs fins de mois.

 

Dans ces conditions, la némésis du peuple en colère n'est peut-être plus très loin comme en témoigne le slogan maintes fois entendu ces derniers jours : "Macron démission". Le supplice de Tantale nous en rappelle les délicieuses cruautés, comme un écho des grandes révoltes fiscales de l'histoire dont nous avons brossé le tableau à grands traits.

 

Certes, le mouvement des gilets jaunes n'a pas forcément de revendications politiques claires, c'est d'ailleurs toute sa force et sa noblesse de ne pas avoir été récupéré, mais il doit sonner comme un coup de semonce auprès des décideurs politiques au pouvoir, trop habitués à voir le peuple ravaler son ressentiment. Ils devront désormais s'habituer à une expression populaire directe, qui ne passe plus par les urnes ou les manifestations syndicales, tant ces modes d'expression se sont (trop) souvent révélés incapables d'influer autrement qu'à la marge sur les décisions importantes du pays.

 

Simone Weil et Jean-Jacques Rousseau

 

À ce propos, je ne peux résister au plaisir de citer Simone Weil qui, dans une courte note publiée de manière posthume en 1950, appelait à la suppression des partis politiques, cette machine à fabriquer dangereusement de la passion collective : "le mal des partis politiques saute aux yeux, ne sont-ils pas même du mal à l'état pur ou presque ?". Je voudrais y revenir brièvement, sans en dire trop pour vous donner l'envie de la lire, tout en pointant l'extrême acuité de sa pensée politique.

 

Ainsi, elle montre comment dans le Contrat social de Rousseau, l'on trouve énoncé toutes les conditions d'existence de notre idéal républicain basé sur la volonté générale. Pour le dire simplement, sous certaines conditions, l'expression du peuple peut être conforme à la justice, parce que les hommes sont censés partager la même raison qui leur permet donc de converger en opinion sur la justice et la vérité. Or, ce sont précisément ces conditions qui sont le plus souvent passées sous silence, en particulier lorsqu'elles ne sont plus remplies :

 

 * il faut qu'il n'y ait aucune passion collective qui s'empare du peuple au moment où il doit s'exprimer, sinon il peut facilement voter pour les pires politiques comme l'a démontré l'accession au pouvoir de criminels par la voie légale ; 

 

 * le peuple doit pouvoir s'exprimer sur des problèmes concrets et précis de la vie publique, et non faire seulement un choix entre plusieurs candidats dont on a pu voir qu'ils ne respectaient pas toujours, c'est un euphémisme, leur programme ; 

 

Et le moins que l'on puisse dire est qu'actuellement aucune de ces deux conditions n'est respectée...

 

Peut-être serait-il bon de relire le Contrat social de Rousseau, ou au moins la page ci-dessous pour les plus pressés, pour comprendre la situation actuelle ?

[ Source : Wikisource ]

 

Un mouvement très soutenu dans l'opinion publique

 

Malgré la stratégie gouvernementale cherchant à discréditer le mouvement, celui-ci n'a jamais été aussi soutenu qu'à la veille de la manifestation à Paris :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Lorsque certains médias ont évoqué en boucle les débordements lors des manifestations du samedi 17 novembre, ils se sont placés consciemment ou non sur le terrain de la bien-pensance politique, qui cherche à faire accroire que nous vivons dans un monde consensuel totalement aseptisé contre la violence verbale et physique.

 

Et quand la manifestation sur les Champs-Élysées du samedi 24 novembre dégénère, l'occasion était belle de dénoncer l'extrémisme (des casseurs ou des manifestants ?), feignant d'oublier que le gouvernement ne donne plus signe de vie depuis 10 jours, en dehors de l'intervention ratée du Premier ministre, qui d'ailleurs ne pèse d'aucun poids politique tant le pouvoir a été personnalisé par Emmanuel Macron.

 

Finalement, qui osera rappeler au gouvernement que la première des violences est de n'être reconnu qu'en qualité de sujet politique sauvant le système à chaque élection ?

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commentaires

Jean-Michel 05/12/2018 13:25

Autre remarque sur un point qui m'agace particulièrement:

Serait-il possible d'expliquer un jour aux politiques et aux media que dire "les Français veulent à la fois moins d'impôts et plus de services publics" est une absurdité à la limite du mensonge"?

Les services publics disparaissent depuis 15 ou 20 ans (avec accélération depuis 2010 et la RGPP): moins d'écoles, moins de postes, moins d'hôpitaux, moins de gares, moins de transport public, etc...
Mais dans le même temps les impôts, taxes, prélèvements, déficits et dette publique augmentent depuis.... au moins 1980 (pour le déficit) voire depuis toujours (pour le reste) avec accélération sous Sarkozy et Hollande.

Alors soit les impôts et taxes diminuent aussi, soit on continue de payer mais pour des services publics maintenus, améliorés plus efficaces, etc...

Les Français ne veulent pas payer moins pour plus mais ne pas payer toujours plus pour toujours moins, ce n'est pas la même chose!...

Et du coup ils voudraient bien savoir où va le pognon de dingues qu'on leur prélève de tous côtés!

Raphaël DIDIER 06/12/2018 11:11

Il y a là en effet une contradiction dans les termes, qui arrange ceux dont l'objectif est d'avoir moins d'État...

Jean-Michel 27/11/2018 19:46

Quand on n'a plus d'argent le 15 ou le 20 du mois, toute dépense imposée devient intolérable, surtout quand il s'agit d'impôts ou taxes jugées injustes ou inéquitables.
Ainsi augmenter sans discernement une taxe sur le carburant sous prétexte d'écologie au moment où le pétrole est au plus haut depuis longtemps, ça se vit comme une provocation, une agression et une injustice.

D'autant que 7 ou 10cts sur le diesel auto c'est pénaliser des gens modestes pour leur travail, leur désenclavement, leur sociabilisation
A contrario 7 ou 10cts sur le diesel avion (le kérosène) aurait pénalisé des plus gens aisés au niveau de leur loisirs par exemple....

C'est donc vécu comme une totale injustice surtout quand on sait que pour les avions ce carburant "mortel" pour les poumons et représentant un scandale semblable à l'amiante (dixit M. Darmanin) est totalement détaxé, pas de taxe sur les produits pétroliers, pas de taxe écologique, pas même de TVA!...

Et quand un paquebot accoste à quai, c'est 1 l'équivalent d'1 million de voitures diesel qui polluent l'air et sans filtres à particules......
Mais là non plus pas de taxes....

La notion d'écologie n'est pas la même partout...

Raphaël DIDIER 29/11/2018 11:16

Excellente remarque...

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