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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 12:33

 

 

Après les plans de soutiens sectoriels nationaux, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait proposé en juin 2020 un plan de relance de 750 milliards d’euros, une partie étant redistribués sous forme de subventions dans le cadre du budget européen et une autre sous forme de prêts. Au même moment, Donald Trump annonçait un plan de relance de 900 milliards d'euros aux États-Unis, avant que Joe Biden n'engage des sommes encore plus importantes. Que faut-il en attendre ? Vont-il conduire à un retour de l'inflation ?

 

De Trump à Biden

 

C'est peu dire que l'économie américaine, déjà ultra-flexibilisée, a subi un choc d'une rare amplitude avec la pandémie (ci-dessous le taux de chômage) :

 

[ Source : BLS ]

 

Face à cette situation qui menaçait - et menace toujours ! - de muer en crise sociale majeure, Républicains et Démocrates avaient négocié comme des marchands de tapis un plan d'aide de 900 milliards de dollars, qui accorde des aides aux ménages et aux petites entreprises affectés par la pandémie.

 

Puis est venu Joe Biden, qui a décidé d'ouvrir grandes les vannes de la politique budgétaire avec un plan de relance de 1 900 milliards de dollars :

 

 

[ Source : https://www.post-gazette.com ]

 

Et au vu de la situation économique inquiétante, Joe Biden proposa également un plan massif d'investissement dans les infrastructures de quelque 2 000 milliards de dollars :

 

 

[ Source : Sciences et Avenir ]

 

Le plan de relance européen

 

En juillet 2020, les 27 États membres de l’UE ont décidé de s’endetter en commun pour financer un plan d’aide européen de 750 milliards d’euros baptisé Next Generation EU. Plus précisément, cette somme serait empruntée par la Commission au nom de l’Union européenne et serait ensuite redistribuée vers les États membres, soit sous forme de subventions (390 milliards d’euros) soit de prêts (360 milliards d’euros) :

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Hélas, comme toujours au sein de l'UE, le diable se cache dans les détails ! Ainsi, de par sa conception, ce plan de relance reste très loin  d’un véritable financement européen mutualisé des déficits publics nationaux, qui reste qu'on le veuille ou non la ligne rouge pour l'Allemagne. D'ailleurs, à la fin du mois de mars 2021, les juges de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe ont suspendu la ratification par l’Allemagne du plan de relance européen, au motif qu’ils souhaitaient d’abord examiner un recours en référé déposé contre le mécanisme de dette commune prévu par le Fonds de relance...

 

Et quand bien même l'Allemagne donnerait son aval, chaque État membre doit encore transmettre son programme de relance national à la Commission européenne avant le 30 avril 2021, pour validation par le Conseil de l’UE à la majorité qualifiée. C'est d'ailleurs ce que viennent de faire, avec tambours et trompettes, Bruno Le Maire et son homologue allemand. Mais le processus ne s'arrête pas là, puisqu'il faudra encore attendre l'autorisation des parlements nationaux avant que la Commission européenne puisse, enfin, emprunter les fonds sur le marché et effectuer les premiers versements aux États vers le mois de septembre 2021… et le reliquat entre 2022 et 2023 ! Cela fait immanquablement penser aux carabiniers d'Offenbach...

 

Un risque d'inflation ?

 

Le gigantisme des plans américains a immédiatement soulevé la crainte d'un retour de l'inflation. En particulier, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du FMI, redoute une surchauffe de l'économie et une envolée des prix, qui réduirait à néant cette relance. Et comme les économies sont interdépendantes, il n’en fallait pas plus pour que la problématique fasse également son grand retour au sein de la zone euro, alors même qu’elle avait disparu des radars depuis de très nombreuses années. Même les marchés financiers semblent anticiper de l’inflation, dans la mesure où les taux d’intérêt à long terme ont augmenté ces dernières semaines.

 

Les causes conjoncturelles de l’inflation sont bien connues (ci-dessous un schéma extrait de mon petit manuel Les grands mécanismes de l'économie en clair - 2e édition) :

 

 

À plus long terme, le vieillissement démographique, la transition écologique et la relocalisation des entreprises sont des facteurs susceptibles de provoquer de l'inflation. En revanche, les tombereaux de liquidités créées par les Banques centrales dans le cadre de leur politique monétaire ultra-expansionniste ne débouchent pas sur de l'inflation, simplement parce que ce sont les marchés financiers qui en profitent et pas les ménages. D’où une forte hausse du cours des actifs, mais pas des biens et services.


Mais l’inflation est avant tout un rapport social, qui dépend beaucoup du rapport de force entre salariés et employeurs dans le partage des revenus. Et à moins que les salariés - c'est-à-dire ceux qui ont encore un semblant d'emploi avec un vrai contrat de travail ! - ne réussissent à retrouver un pouvoir de négociation au sein des entreprises, il y a fort à parier que l'inflation ne fera pas son grand retour. 

 

En définitive, l'on notera avec ironie combien cela prouve que les États ne manquent pas d'argent pour financer leurs grands projets (transition écologique, rénovation des infrastructures...), mais juste de volonté politique ! Par ailleurs, peu d'observateurs ont remarqué que le chômage partiel payé par l'État en Europe et les chèques directement envoyés par l'État aux ménages aux États-Unis témoignaient du passage à une économie administrée non souhaitée par les gouvernements. D'une certaine façon, la crise liée à la covid-19 nous aura rapprochés, bon gré mal gré, d'une économie avec revenu universel, ce qui dans les conditions actuelles est loin d'annoncer des jours heureux...

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