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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 12:34

 

 

Dans un précédent article, j'avais montré que les Banques centrales déversent des tombereaux de liquidités dans l'économie. D'aucuns en déduisent alors un peu vite que l'inflation va faire son grand retour...

 

L'inflation monétaire selon les monétaristes

 

Dans un célèbre livre publié en français en 1976 sous le titre Inflation et systèmes monétaires (Calmann-Lévy), Milton Friedman affirmait de manière péremptoire que "la cause immédiate de l'inflation est toujours et partout la même : un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production". Bref, selon la théorie quantitative de la monnaie, toute augmentation de la quantité de monnaie en circulation conduit inexorablement à une hausse des prix.

 

Tout au plus concédait-il qu'à court terme, une certaine illusion monétaire pouvait conduire à une baisse temporaire des taux d’intérêt réels, d'où une relance de l'investissement par le crédit et ainsi une réduction du chômage. Mais cela renforce le pouvoir de négociation des travailleurs, qui vont demander des hausses de salaire, d'où à terme une inflation par les coûts. Une certaine école de pensée économique, dite des anticipations rationnelles, va même jusqu'à dénier toute utilité à la politique monétaire (à court terme et à long terme) dans la mesure où les agents anticipent parfaitement les conséquences des décisions de politique économique.

 

Un lien monnaie/inflation peu visible

 

En sciences sociales, il est toujours bon de revenir aux faits et aux chiffres. L'on voit alors que ce lien entre monnaie et inflation est démenti par les faits :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Le gigantisme des plans de relance aux États-Unis a immédiatement soulevé la crainte d'un retour de l'inflation. En particulier, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ancien économiste en chef du FMI, redoute une surchauffe de l'économie et une envolée des prix, qui réduirait à néant cette relance. Or, comme nous ne disposons pas d'une théorie robuste pour expliquer les prix à long terme et qu'en plus l'essentiel des liquidités créées par les Banques centrales va dans le secteur financier, l'inflation ne me semble pas devoir découler d'un plan de relance. Ce d'autant plus qu'il est mis en œuvre au moment où l'économie est déprimée.

 

Mais il est vrai qu'aux États-Unis, l'on voit apparaître une hausse importante de l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire de l'inflation hors prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, gaz, tabac...) et hors prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes,...). C'est donc plutôt le signe d'une inflation par la demande. Quant à l'inflation sous-jacente dans la zone euro, elle reste contenue pour l'instant.

 

Causes conjoncturelles et structurelles de l'inflation

 

À long terme, la concurrence des pays à bas salaires, la numérisation de l'économie, le vieillissement démographique, la transition écologique, etc. peuvent avoir une grande influence sur le taux d'inflation. Cependant, et c'est le point important, le faible taux d'inflation peut s'expliquer par des facteurs indépendants de la politique monétaire, donc indépendants de la quantité de monnaie en circulation.

 

C'est que l'inflation est avant tout un rapport social. Or, le pouvoir de négociation des salariés concernant le partage des revenus est devenu structurellement faible dans la zone euro. Ce sont donc les effets éventuels effets de second tour qu'il faut surveiller, c’est-à-dire les éventuelles hausses de salaires liées à la hausse des prix à la consommation. En effet, l'inflation suppose une hausse généralisée et autoentrenue des prix à la consommation. Et pour l'instant, dans la zone euro, si l'on observe des effets de second tour sur la production (hausse des coûts de production liés à des hausses de prix des intrants), rien de tel n’est visible du côté des salaires.

 

Les causes conjoncturelles de l’inflation sont bien connues (ci-dessous un schéma extrait de mon petit manuel Les grands mécanismes de l'économie en clair - 2e édition). Dans le schéma ci-dessous, si j'évoque l'inflation par la monnaie, c'est dans le cas très précis où le supplément d’offre de monnaie débouche à court terme sur une hausse de la demande de biens et services.

 

 

Or, actuellement, les tombereaux de liquidités conduisent surtout à une augmentation de la demande d’actifs financiers et immobiliers. Bien que le lien entre quantité de monnaie en circulation et inflation ne soit donc pas visible dans les faits (en revanche le lien avec la hausse des actifs financiers est beaucoup plus net !), cela n'empêche hélas pas la causalité trop de monnaie => inflation de demeurer vivace. Alexis de Tocqueville nous avait prévenu : "une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie, mais complexe"...

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