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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 10:13

 

 

Après mes articles sur l'inflation et le pouvoir d'achat et sur le taux de chômage, la précarité et la flexibilité, je vous propose aujourd'hui de faire un gros plan sur la situation économique en Italie. En effet, celle-ci n'est pas étrangère à la victoire du parti d'extrême droite de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia (FdI).

 

État des lieux

 

Les difficultés rencontrées par l'économie italienne sont nombreuses et bien connues :

 

 * forte dépendance au gaz russe (malgré des efforts importants pour réduire cette part à environ 25 % en juin 2022, d'après le gouvernement italien)

Infographie: Quels pays européens dépendent le plus du gaz russe ? | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

 * productivité par tête en berne

 

 

[ Source : https://www.strategie.gouv.fr/publications/evolution-tendancielle-de-productivite-france-allemagne-italie-royaume-uni-1976 ]

 

 * vieillissement démographique

 

 

[ Source : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/la-mediterranee-une-geographie-paradoxale/articles-scientifiques/demographie-italie ]

 

 * reprise qui s’essouffle

 

 

[ Source : BNP PARIBAS Global Markets ]

 

 * croissance globalement faible

 

 

[ Source : https://www.tresor.economie.gouv.fr ]

 

Pour ceux qui auraient la flemme de relire mon billet sur la croissance potentielle, je vous rappelle que celle-ci peut être définie comme la croissance réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main-d’œuvre disponibles. En partant de l'identité suivante Y = P.N où Y désigne le PIB, P la productivité par tête et N  l'emploi, l'on en déduit que la croissance potentielle est liée aux gains de productivité par tête et à la croissance de la population active.

 

Or, comme en Italie ces deux variables sont en berne, la croissance potentielle ne peut qu'être faible. Ce d'autant plus que d'autres facteurs jouent un rôle négatif : un système éducatif et de formation peu performant, un secteur bancaire encore fragile, des dépenses de R&D et plus généralement d'investissement (hors logement) relativement faibles, des inégalités territoriales (notamment Nord-Sud)...

 

Conséquences socioéconomiques

 

S'il n'y a plus rien à attendre du côté de la croissance, alors il deviendra difficile de conserver la soutenabilité des finances publiques, la dette publique atteignant déjà depuis longtemps des niveaux très élevés :

 

 

[ Source : OCDE ]

 

Or, durant la campagne électorale, Georgia Meloni avait eu un discours très ferme envers l’Union européenne avant de mettre de l'eau dans son vin, tant il est vrai que l'écart de taux souverains avec l'Allemagne commençait à devenir inquiétant : 

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Bruxelles a aussi les moyens de tenir le nouveau gouvernement italien en bride, puisque le pays est l'un des principaux destinataires du plan européen de relance après la covid-19. Il reste d'ailleurs un versement de 20 milliards d’euros à obtenir d'ici à la fin de l’année, à la condition que des réformes soient mises en œuvre. Mais Georgia Meloni  évoque déjà l'idée de renégocier ce plan national de relance et de résilience (PNRR) qui, selon elle, ne correspond plus aux réalités actuelles de la situation économique italienne...

 

Quant à l'inflation, elle est dans la moyenne de la zone euro, mais pèse lourdement sur le budget des ménages, soumis à l'envolée des prix du gaz, et dont les salaires ne s'ajustent pas :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

L'un dans l'autre, vous l'aurez compris, le boom économique italien de l'après-guerre n'est plus qu'un lointain souvenir, qui s’est arrêté dans les années 1970. Depuis, l'Italie a tenté de rattraper ses concurrents à grand renfort de dévaluations de la lire dans les années 1980/1990, puis par l’austérité budgétaire et salariale (réformes du marché du travail). Avec vous résultat des excédents commerciaux présentés comme le signe d'une économie en bonne santé, alors qu'ils témoignent d'investissements publics et de salaires à la traîne. Bref, la demande intérieure a été sacrifiée.

 

Un résumé en vidéo

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de BFM TV.

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